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Lorsqu'elle se vit dans le corps, elle blesse l'intimité et les sentiments en profondeur. Tout particulièrement si elle est causée par une personne aimée.

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L'estime de soi exactement Une ou des estimes de soi? S'auto-évaluer L'estime de soi se construit L'estime de soi s'améliore La petite voix saboteuse Des conseils L'estime de soi et Anatomie et reproduction Filles: Au total, 24 actes de violence sexuelle ont été définis, allant des attouchements au-dessus des vêtements au viol anal avec un objet.

Trente pour cent des femmes déclarent avoir connu une expérience de violence sexuelle au cours de leur enfance. Plus de deux fois sur trois ces violences ont été commises par des membres de la famille ou par des proches. Ces femmes ont au total déclaré faits de violence sexuelle différents.

La recherche mentionne que la même chose est déclarée par un homme sur dix. Le Moniteur de sécurité est une enquête téléphonique que les services de police organisent tous les deux ans en invitant un échantillon de 6. On ne sait évidemment pas si ce sont les mêmes élèves ou non. En , une enquête a été menée auprès de 1. La définition que les auteurs ont utilisé est la suivante: Les filles connaissent plus de cas que les garçons. Dans la partie qualitative de cette recherche, 33 témoignages des jeunes qui disaient connaître des cas de mariages forcés en Belgique ont été récoltés.

Les garçons sont tous majeurs. A cet égard, les interruptions de grossesse chez les moins de 14 ans fournissent un exemple intéressant. Pour les trois autres enquêtes — toutes trois en milieu scolaire - les biais de sélection paraissent évidents.

On ne connaît que les cas qui ont été signalés à ces organisations et ceux qui ensuite ont été envoyés à la Federal computer crime unit de la police fédérale et au Parquet. La cyberviolence sexuelle touche probablement énormément de nos jeunes. Pour la loi en Belgique, on peut se marier à partir de 18 ans, donc tous les mariages mentionnés ne sont pas, pour la Belgique, des mariages précoces. Cette analyse est cependant faite pour les adultes ou globalement pour toute la population.

Se limiter à la Belgique francophone a été difficile aussi, car la plupart des données concernent toute la Belgique. Les études et publications qui ont fait la différentiation par sexe, concluent que les jeunes filles et jeunes femmes sont plus souvent victimes de violence sexuelle que les jeunes hommes.

Les données sur les interruptions volontaires de grossesse et les premiers rapports sexuels. Trois jeunes sur quatre sont des internautes réguliers. Il y a une réelle volonté de nos pouvoirs publics à faire face à ce problème. Il envisage un procès-verbal type qui pourrait contenir des informations correctes et sur lequel les parquets pourraient se baser pour prendre une décision pertinente.

Une telle approche semble se justifier par rapport aux violences sexuelles. Une cellule qui suivrait et en plus coordonnerait les différentes recherches pourrait faire rapidement reculer les lacunes dans la compréhension du phénomène. Il faudrait aussi travailler à un consensus de définitions standardisées des types de violence sexuelle, pour pouvoir tirer des conclusions des différentes recherches au niveau national et international.

La dernière grande enquête au niveau national date déjà de ! La peine de la réclusion sera de 10 à 15 ans, si le mineur était âgé de moins de seize ans accomplis. Le 22 juin , la loi relative à la protection des employés contre la violence et le harcèlement moral ou sexuel au travail est entrée en vigueur. La victime peut faire appel à une personne de confiance. Prévenir, subir et recourir à la violence.

Limburgs Universitair centrum, Etude commandée en par la Fédération laïque des centres de planning familial. Se connecter Plan du site Contacts. Santé conjuguée Tous les numéros Les violences liées au sexe Violences sexuelles envers les filles et jeunes femmes en Belgique francophone. Au pénal Le droit pénal belge incrimine divers comportements dans la sphère sexuelle, parmi lesquels les plus importants sont: Sources de données, difficultés rencontrées Nous avons récolté des données de cinq sources différentes: Lors de notre étude, cinq types de difficultés ont été rencontrés.

Procès-verbaux de la police et de la gendarmerie. Expérience de violence sexuelle dans toute la population Le Limburgs Universitair centrum a réalisé en une grande étude sur les différentes formes de violence auxquelles les personnes ont été confrontées en tant que victimes. Les raisons pour ne pas porter plainte étaient les suivantes: Mariages forcés En , une enquête a été menée auprès de 1.

La violence touche surtout les filles Les études et publications qui ont fait la différentiation par sexe, concluent que les jeunes filles et jeunes femmes sont plus souvent victimes de violence sexuelle que les jeunes hommes.

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Ils l'ont accusée d'être une "amie des Tutsi". Ils lui ont dit qu'ils avaient dû laisser leur famille derrière eux, au Rwanda mais qu'elle avait beaucoup de chance d'avoir encore ses parents. Quand elle s'est mise à pleurer, ils lui ont dit: Tu n'es pas plus importante que ceux que nous avons laissés au Rwanda.

Les ravisseurs ont violé les filles de façon répétée et les ont fait cuisiner et accomplir d'autres travaux domestiques. Il semble que ce groupe d'hommes ait enlevé de nombreuses femmes et filles auparavant, l'un d'entre eux prétendant qu'ils avaient eu quarante femmes.

Trois semaines après la capture de Béatrice et de Cécile et une semaine après celle de Valérie J. Selon les filles, les trois hommes affirmaient qu'ils recevaient leurs ordres d'un "commandant" mais elles pensent qu'il s'agissait là d'une ruse pour les intimider. Les trois hommes n'étaient jamais ensemble avec qui que ce soit d'autre et n'avaient ni radio, ni téléphone portable ce qui pourrait indiquer qu'ils agissaient indépendamment d'autres forces hutu dans la région.

Sur une période de plusieurs semaines, ils se sont déplacés plusieurs fois dans la forêt, peut-être parce qu'ils étaient conscients que les troupes au Congo étaient à leur poursuite. Une représentante d'une organisation de femmes a expliqué que la violence sexuelle avait récemment augmenté, en partie parce les assaillants trouvaient peu de choses à voler chez des gens déjà attaqués à plusieurs reprises et voulaient donc les punir pour ce qu'ils percevaient comme un manque de soutien.

Plusieurs bandes armées ont traversé les environs. Il y a eu beaucoup de pillages… Les gens sont laissés sans rien et dans certains cas, ils ont été déplacés. Comme il ne reste plus rien à voler, les bandes armées sont passées au viol systématique… Il y avait des viols avant cette année mais les gens n'en parlaient pas.

Finalement, cela faisait tellement de viols que nous avons fini par aller à la paroisse et avec l'aide reçue là bas, on a eu le courage de parler de ce problème. Tout a commencé à une heure du matin. On était tous en train de dormir. J'ai entendu du bruit et j'ai été la première à me réveiller. Ils étaient dix, je pouvais les voir et les compter.

Ils sont entrés dans notre concession. Je voulais me cacher mais je n'ai pas pu. Ils ont dit, "Donne-nous ton argent. Je leur ai dit qu'il n'y avait personne. Mais ensuite, mon père s'est levé avec une torche. Les combattants ont vu la lumière et ont dit, "C'est qui avec la lumière? Je ne sais pas comment mais mon père a pu s'échapper en courant très vite, entre les deux. L'un d'eux m'a dit, "On va te tuer parce que tu l'as laissé partir. Le chef a dit aux autres de tuer papa.

Je pensais qu'ils allaient tous nous tuer. Ma mère ne savait pas si elle devait courir avec mon père. Elle s'est cachée sous le lit et priait avec son rosaire. Maman a pu s'enfuir en courant lorsque d'autres soldats sont entrés dans la maison. Deux d'entre eux nous surveillaient. Il y en avait un autre dans la maison. Ils ont tout pris et nous ont demandé quelles autres choses possédait la famille. On a dit que les seules choses qui restaient étaient les vêtements que nous portions, tout le reste était dans la maison.

Ils ont laissé les chèvres et les poulets mais ont pris tout le reste. Je pensais que si le Seigneur dit que notre heure est venue, c'était maintenant que nous allions mourir.

Les combattants ont dit, "On peut vous tuer," et ils ont tiré en l'air quatre fois pour nous montrer ce qu'ils pouvaient faire. Il y avait une autre fille qui vivait chez nous, une orpheline qui dormait habituellement avec moi mais cette nuit là, elle était seule dans une autre petite maison. Elle nous a vus dehors mais je ne sais pas comment, elle n'a pas vu les combattants. Je la voyais qui s'approchait lentement de nous et je me demandais ce qu'elle faisait.

Je ne pouvais pas l'empêcher de s'approcher — elle s'est approchée de nous lentement et a dit, "Qu'est-ce-qui se passe? Mais eux l'ont vue et ils l'ont prise et l'ont battue, lui ont donné des coups et l'ont fouettée avec une corde.

Elle a dit qu'elle préférait être tuée plutôt que de souffrir avec eux. Ils l'ont alors jetée au sol avec nous toutes. Les assaillants ont ensuite violé chacune des cinq filles. La plus jeune avait quatorze ans.

Chaque combattant a pris l'une d'entre nous et l'a emmenée vers l'une des petites maisons, hors de la concession. On ne pouvait pas résister. Ils parlaient kinyarwanda et lingala, ils étaient à la fois congolais et Interahamwe. Ils se donnaient des noms comme Kofi et Bamba.

Ça n'a pas pris longtemps. Je pense qu'ils n'avaient pas besoin de nous tuer. Ils ont fait ce qu'ils voulaient faire. Ils ont tout volé et sont partis à environ 4 heures du matin. Puis papa est rentré. On pensait qu'il était mort. Alors quand on l'a vu, on était tellement contentes. Aucun des coups de feu ne l'avait touché.

On est resté à la maison le reste de la nuit mais la nuit suivante, personne ne voulait y dormir. Je retourne parfois dans notre village mais je ne dors pas bien quand je suis là-bas. Les voisins savent qu'on a été volé mais ils ne savent pas ce qui m'est arrivé. Alors que les combattants opposés au RCD sont le plus souvent accusés des actes de violence sexuelle qui se sont produits aux environs du Parc National de Kahuzi-Biega, les soldats du RCD ont aussi attaqué des femmes et des filles.

Elle a ainsi raconté: C'était en juin J'ai quitté ma maison dans la soirée pour aller acheter de la nourriture pour mes enfants. Un soldat m'a attaquée et m'a poussée hors de la route. Il m'a demandé en kinyarwanda ma carte d'identité. Il portait un uniforme et avait un fusil.

Il m'a poussée dans les buissons. Je portais mon bébé sur le dos. Il avait un mois et une semaine. Il a enlevé le bébé de mon dos et l'a jeté au sol, sur le ventre. Il a mis un fusil contre ma poitrine. Quand j'ai fait un geste pour sauver mon bébé, il a arraché mes vêtements et m'a violée. Tout s'est passé très vite, il n'est pas resté très longtemps. Après cela, il est parti. J'ai ramassé le bébé et je suis rentrée à la maison. J'ai raconté à mon mari ce qui s'était passé.

Je venais d'avoir mon bébé et j'avais besoin d'aide. On m'a soignée [dans une clinique]. On a trouvé que j'avais une maladie sexuellement transmissible et maintenant, mon mari l'a aussi. J'ai aussi des démangeaisons de peau et j'utilise de la médecine locale contre ça.

Je ne pense pas que j'ai été visée en particulier, par ce soldat. Tellement d'autres personnes ont aussi été attaquées. C'était le 25 avril J'étais au village avec ma famille. Mon père avait vendu un poulet.

Des hommes sont venus cette même nuit et lui ont dit de leur remettre l'argent de la vente du poulet. Notre famille [Jeannette T. Ils ont blessé mon père au couteau. Toute la concession était remplie de soldats. Ils avaient des couteaux et des fusils.

Ils parlaient un peu de lingala et un peu de kinyarwanda. Ils ont pris tout ce qu'il y avait dans notre maison. Je me suis cachée derrière des arbres, sur une colline un peu au dessus de la maison. Le lendemain matin, je suis retournée à la maison. J'y ai trouvé mon père, toujours blessé, avec un voisin qui essayait de l'aider. Après trois jours, ma mère est rentrée. Mon père voulait partir les chercher et essayer de trouver de l'aide mais les voisins ont dit que s'il faisait cela, les Tutsi extermineraient toute la famille.

Maintenant, on est à Bukavu et des membres de la famille de nos vieux voisins nous ont un peu aidés mais on n'a même pas de vêtements. Il n'y avait pas de raison de s'en prendre en particulier à mon père qui est un bon chrétien.

Les données recueillies par nos chercheurs sur le viol et les autres formes d'abus sexuels dans la région autour du Parc National de Kahuzi-Biega recoupent celles rassemblées, indépendamment, par deux organisations locales de défense des droits humains. L'association congolaise de défense des droits des femmes, PAIF, a enregistré soixante-neuf cas de viols perpétrés par des bandes armées majoritairement hutu et par des soldats du RCD, dans la zone d'Irhambi-Katana du territoire de Kabare, entre mai et septembre Une seconde organisation a rapporté que des "hommes en uniformes identifiés comme des Interahamwe" ont tué, violé et pillé si fréquemment des villages proches du Parc National de Kahuzi-Biega que les résidents ont abandonné leur maison pour dormir dehors, en quête de sécurité.

La ville de Shabunda, à kilomètres au sud ouest de Bukavu, dans le territoire de Shabunda, occupe une position stratégique pour assurer le contrôle de l'est de la province et de son importante richesse minière. La ville est entourée de trois côtés par la rivière Ulindi au-delà de laquelle s'étirent, sur des centaines de kilomètres, de larges étendues d'épaisse forêt équatoriale. Les habitants de la ville, comme ceux des villages environnants, dépendent de la forêt pour la plupart des produits de première nécessité: Compte tenu de la distance avec les autres centres et du mauvais état des routes, Shabunda importe peu de biens de l'extérieur et ces derniers arrivent d'ordinaire par les airs.

Avec le conflit actuel, la ville est de plus en plus isolée. Fin , l'atmosphère à Shabunda était celle d'une forteresse assiégée. Les Mai-Mai n'ont pu occuper la ville qu'occasionnellement et brièvement comme au début de l'année , mais ils contrôlent la plupart de la forêt environnante. Comme l'a déclaré le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires OCHA , "la ville de Shabunda est le seul endroit sur l'ensemble du territoire où l'on peut accéder à la population sans courir le danger de subir les intrusions de bandes armées.

Quand les combats se sont intensifiés début , environ la moitié de la population de la ville de Shabunda a pris la fuite — la plupart vers la forêt — réduisant le nombre d'habitants de plus de 32 , en à 17 , début Les résidents des villages environnants ont aussi cherché refuge dans la forêt. Dans sa lutte pour le contrôle du territoire, chaque côté a utilisé la violence, y compris la violence contre les femmes et les filles, pour gagner ou conserver le contrôle sur la population locale.

D'autres ont souhaité rentrer chez eux mais ont craint une attaque des Mai-Mai s'ils tentaient de le faire. Pour accélérer leur retour, le RCD a apparemment annoncé lors d'une réunion publique que les civils qui ne rentraient pas de la forêt seraient considérés comme des ennemis et soumis à une attaque. Pendant une certaine période, les soldats du RCD ont interdit aux résidents de la ville d'aller cultiver leurs champs et de rassembler nourriture et bois dans la forêt — ou ont limité les périodes autorisées pour le faire — espérant apparemment ainsi empêcher toute collaboration entre eux et les Mai-Mai.

En mars , les troupes du RCD ont organisé une Force de Défense Locale, force paramilitaire armée et formée au minimum, recrutée dans la région et dont les membres continuent de vivre chez eux, tout en accomplissant des patrouilles et autres devoirs militaires. Chaque foyer dans la communauté devait contribuer au soutien de la Force de Défense Locale avec deux verres de riz, tous les deux jours. Ceux qui voulaient quitter la forêt mais craignaient une attaque des Mai-Mai ont accueilli avec satisfaction l'assistance du RCD et de la Force de Défense Locale.

La ville de Shabunda est exceptionnelle pour le nombre de femmes et de filles qui ont publiquement admis avoir été violées, la plupart par des Mai-Mai. Le gouverneur du Sud Kivu estimait que 2 à 3 femmes et filles avaient été violées, entre la fin et la mi Une congrégation religieuse rapportait avoir aidé environ 2 femmes et filles violées.

Un employé d'une organisation d'aide humanitaire a fait le commentaire suivant: Elles pensent que les crimes sont tout aussi largement répandus ailleurs dans l'est du Congo mais qu'ils restent en partie cachés à cause de la réticence continue des femmes à en parler. Dans d'autres endroits, elles ne l'ont pas eu," nous a dit une infirmière d'une agence internationale ayant beaucoup travaillé au Sud Kivu.

Des membres de leur famille, des amis ou d'autres femmes capturées ont été forcées d'assister aux viols. Dans plusieurs cas, des enfants auraient été contraints de maintenir leur mère au sol pendant la durée du viol.

De plus, beaucoup de femmes enlevées par des Mai-Mai ont été détenues pendant de longues périodes, jusqu'à un an et demi. Généralement, il était entendu que des femmes et des filles rentrant chez elles après avoir été retenues si longtemps, avaient été violées et la plupart n'ont pas estimé utile de prétendre le contraire.

D'autres femmes et filles sont rentrées avec des blessures évidentes qui ne pouvaient avoir été infligées que lors d'agressions sexuelles. Parfois, des femmes et des filles ont été violées avec des objets tels que des bâtons de bois et des piments.

Certaines femmes et filles se sont aussi retrouvées enceintes suite au viol qu'elles avaient subi. D'autres circonstances ont apparemment contribué à la volonté des femmes et des filles de Shabunda de parler des viols et des autres abus sexuels qu'elles avaient endurés.

Un groupe de soutien assiste des victimes - l'un des rares opérant dans la région - et une organisation internationale a fait l'expérience de traiter, gratuitement, des femmes et des filles pour des blessures et des complications liées à leur viol. Les autorités du RCD perçoivent un avantage politique à attirer l'attention sur les viols et les autres abus commis par leurs opposants. Le gouverneur de la province a encouragé les organisations humanitaires et les journalistes à examiner le problème.

La majorité des femmes et des filles décrivent ceux qui les ont violées comme "Mai-Mai", un terme qui peut simplement signifier qu'ils sont membres de la population locale. Un prêtre du territoire de Shabunda faisait le commentaire suivant: Ce sont des gens d'ici …des jeunes des environs, des Interahamwe. Elle nous a dit que sa famille avait été prise pour cible en partie parce que les Mai-Mai pensaient que son mari était lié au RCD.

On est allé dans la forêt au début de la guerre. Mon mari pensait que la forêt était plus sûre et il n'y avait rien à manger en ville. Mais on est retourné en ville en En juillet , les Mai-Mai sont venus et ont pris mon mari. Ils m'ont battue, ils ont tué mon mari par balle et ont coupé son corps devant moi.

Ils ont dit que mon mari était un espion pour le compte des Tutsi. Il y avait huit Mai-Mai. Deux m'ont maintenue au sol et les autres m'ont violée. Ils ont posé deux couteaux sur mes yeux et m'ont dit que si je pleurais, ils me couperaient les yeux.

Les Mai-Mai parlaient kiswahili, kilenga, lingala et kinyarwanda. Ils étaient sales, ils avaient des puces. On n'avait pas d'abri. Il y avait juste des feuilles pour dormir dessus et quand il pleuvait, on était trempé.

On avait des nattes avec nous mais les Mai-Mai nous les ont prises. Ils étaient nombreux pendant la période où j'étais dans la forêt, peut-être ou plus. Ils nous nourrissaient parfois de petits animaux qu'ils tuaient mais ils ne nous donnaient pas beaucoup de nourriture.

Les Mai-Mai ont parfois tué et violé des résidents qui, selon eux, avaient accepté l'autorité du RCD en quittant la forêt. Dans un tel cas, début septembre , les Mai-Mai ont attaqué un groupe qui avait quitté la forêt, peu de temps auparavant, sous escorte du RCD. Ce groupe était rassemblé pour prier dans une église du village de Masanga, à environ quarante kilomètres de Shabunda.

Elle vivait dans la forêt avec sa famille, près de Minoro, un village à environ quarante-cinq kilomètres de Shabunda. Son mari avait été pris, un an auparavant, par les Mai-Mai et elle ne l'avait pas revu depuis.

Après être resté près de Minoro pendant deux ans environ, le RCD est venu et a pris de nombreuses familles qui étaient dans la forêt et nous a réinstallés à Masanga. Dans notre cas, un garçon qui nous connaissait a dit au RCD où on était et ils sont venus nous chercher. Mais avant qu'ils nous installent à Masanga, le RCD a pillé nos maisons et a tout pris.

On était à Masanga depuis peu, peut-être deux semaines, quand de nombreuses familles chrétiennes qui étaient dans la forêt se sont rendues à la messe du matin, dans la paroisse de Masanga. On était dans la forêt depuis longtemps et on était impatient d'aller à la messe.

C'était la messe de 8 heures 30 du matin. J'y étais avec mes cinq enfants mais seules les trois filles sont entrées dans l'église. Les deux garçons étaient dehors avec d'autres enfants.

Il était environ 10 heures 30 et l'église était toujours pleine. Tout à coup, on a entendu des coups de feu venir de partout. C'était des coups isolés pour certains mais il y avait aussi une arme automatique. Il y avait de nombreux Mai-Mai hors de l'église. Les gens ont essayé de courir mais c'était une telle panique que la foule bloquait la porte.

Certaines personnes ont réussi à courir. Parmi ces gens, certains se sont échappés vers la forêt qui est proche de Masanga.

Certains ont été touchés mais ont réussi à atteindre la forêt où ils sont morts. Certains ont été tués près de l'église ou sont morts avant d'atteindre la forêt. Quand on est allé chercher les morts, après le départ des Mai-Mai, on a trouvé vingt-sept corps dans la forêt et douze près de l'église en plus des quatre personnes tuées dans l'église.

Mes deux fils ont réussi à prendre la fuite et n'ont pas été blessés. Après le départ, en courant, de certains, six Mai-Mai sont entrés dans l'église. Ils portaient des uniformes et des masques et avaient des peaux d'animal sur la tête.

Ils étaient très sales. Il y avait des Batembo, des Bakongo et des Bahutu [97]. A ce moment là, on n'était plus tellement nombreux dans l'église — quatre femmes, trois femmes plus âgées et moi — et des enfants.

Les soldats [c'est-à-dire les combattants] nous ont violées toutes les quatre. Ils m'ont frappée avec un bâton deux fois. Ils ont dit qu'on était bête d'obéir au RCD et ils ont dit qu'ils sauveraient le peuple congolais. Ils sont restés dans l'église pendant environ trente minutes puis ils sont partis.

Les autres femmes qui ont été violées étaient âgées et elles ne peuvent en parler. Je n'ai personne pour m'aider et il ne me reste rien. Il n'y a pas de services de santé à Masanga donc je n'ai pas pu recevoir d'aide médicale. J'ai encore très mal mais j'ai mes règles [indiquant ainsi qu'elle ne pense pas être enceinte].

Les Mai-Mai ont attaqué les femmes qui cherchaient la sécurité en se réfugiant temporairement dans la forêt ainsi que celles qui restaient en ville mais continuaient à se rendre dans la forêt pour cultiver, chercher de la nourriture ou faire du charbon afin d'assurer leur survie et celle de leur famille.

Un responsable des Nations Unies a déclaré que les femmes et les filles à Shabunda, comme celles qui vivent du commerce du charbon dans le Parc National de Kahuzi-Biega, "sont très exposées pour des raisons liées aux moyens d'existence et à la survie.

Ce sont elles qui vont chercher le bois, la nourriture, les fruits et elles sont prises quand elles font cela. Mais elles doivent continuer à le faire même après avoir été violées. Il y avait aussi sept hommes avec nous qui nous aidaient à travailler dans les champs. Un groupe de Mai-Mai est arrivé vers nous.

Les hommes les ont entendus venir et ont tous pris la fuite. Ils ont maintenu mes pieds en l'air, ont écarté mes jambes et m'ont violée. Ils ont dit que s'ils trouvaient les hommes qui avaient pris la fuite, ils les mangeraient.

Les deux responsables portaient des uniformes. Les autres n'avaient que de vieux vêtements. Ils portaient sur la tête des peaux d'animaux et des plumes et autour de leur cou, ils portaient la drogue qui leur donne de la force selon eux.

Je ne voyais vraiment que leurs yeux, tout le reste était caché. Ils se comportaient comme des fous, comme s'ils étaient drogués.

Ses voisins sont venus lui porter assistance quand ils ont entendu que les Mai-Mai étaient partis. Elle a pris des produits de la médecine traditionnelle que sa mère connaissait, dans la forêt, "de la sorte de ceux qu'on donne aux filles qui commencent juste à avoir leurs règles.

Elle a continué à vivre dans la forêt pendant un an et un mois et a dû, une fois, travailler pour les Mai-Mai. Décrivant ses conditions de vie pendant cette période, Solange C. J'ai mangé du manioc pendant cette période ou des feuilles, sans huile ni sel. J'ai utilisé des feuilles de papaye [pour me laver] parce qu'il n'y avait pas de savon.

Ils [les Mai-Mai] étaient couverts de puces alors on a eu des piqûres de puces et la gale. On dormait juste sur des feuilles, sans abri. Parfois, il y avait un feu pour nous tenir chaud. Les enfants sont tombés malades et je leur ai donné les remèdes que je trouvais dans la forêt. Seule la force de Dieu nous a préservés pendant tout ça. Quelqu'un leur a dit où nous étions et ils ont dit que quand on entendrait des tirs, on devrait suivre ce bruit et nous diriger vers eux.

C'est ce qu'on a fait. Environ trente personnes sont ainsi sorties avec nous. Notre équipe de recherche a également parlé avec un homme dont la femme avait été enlevée par les Mai-Mai, en juin Il est resté à Shabunda avec leurs deux jeunes enfants.

Sa femme n'a pas été vue depuis mais d'autres femmes qui avaient également été enlevées et qui s'étaient échappées avec l'aide de la Force de Défense Locale et du RCD lui ont donné des nouvelles de son épouse. Elles lui ont dit qu'elle avait été prise par des Mai-Mai encore plus avant dans la forêt. De plus, certaines des femmes et des filles de Shabunda ont déclaré que leurs assaillants étaient des hommes jeunes des villages du coin ou des bandits de la région qui utilisaient simplement le nom de Mai-Mai afin de couvrir leurs crimes.

En juin , Angélique H. Elle a qualifié les trois violeurs de Mai-Mai mais a également affirmé qu'elle les avait reconnus comme venant de son village. Au début, ils étaient bons mais ensuite, ils sont devenus mauvais. Elle ne les connaissait pas mais a affirmé qu'ils étaient "des garçons du village. Plusieurs témoins nous ont dit que les soldats du RCD et de l'APR avaient également commis des viols mais que personne n'osait en parler ouvertement.

Dans certains cas, les autorités civiles elles-mêmes craignent le RCD et l'armée rwandaise dont la présence militaire est très marquée dans la ville de Shabunda. Un habitant de Shabunda a déclaré à notre équipe: Les autorités ne veulent pas des Rwandais ici mais elles n'ont pas le courage de le dire. Aucune autorité n'est capable de diriger, elles n'ont pas de conscience.

Pendant plusieurs années, les forces du RCD et leurs alliés, les armées rwandaises et burundaises ont livré bataille contre les Mai-Mai et les forces rebelles burundaises, le FDD et le FNL pour obtenir le contrôle des territoires de Fizi et d'Uvira.

Le RCD, l'APR et des unités de l'armée burundaise alliées à eux contrôlent certaines parties de la plaine, le long du lac Tanganyika et de la rivière Rusizi y compris la ville d'Uvira, certaines villes au nord et la route principale reliant ces points. Le RCD contrôle, en théorie, les hauts plateaux habitées par les Banyamulenge mais récemment il a combattu une rébellion menée par une milice Banyamulenge dans cette région. Les parties en guerre combattent actuellement pour une bonne partie de la région, du sud d'Uvira à Fizi, le long du lac Tanganyika, une zone contestée depuis quelque temps.

Des organisations locales de défense des droits humains ont rapporté de graves violations du droit humanitaire international, y compris un bombardement naval de villages situés le long du rivage du lac par les forces alliées du RCD et l'armée burundaise gouvernementale, ainsi que des massacres de civils.

Parce que les parties qui s'affrontent cherchent parfois à démontrer leur contrôle des routes en organisant des embuscades de voyageurs, les habitants de la zone voyagent moins maintenant que par le passé. Les principaux commerçants locaux sont des femmes et des filles. Craignant d'être violées ou tuées en s'aventurant sur les routes, elles ont presque cessé d'assurer leur commerce entre Uvira et Fizi ainsi qu'entre Uvira et le moyen-plateau.

De moins en moins de biens produits localement à Fizi, tels que du manioc, de la braise, des noix de palme et du poisson, atteignent Uvira et de moins en moins de biens importés d'Uvira, tel que du gaz, des vêtements, du sucre, de la bière, du savon et du sel sont livrés à Fizi.

Le sel et le savon manquent dans certaines zones. Les activités de pêche sur le lac ont diminué parce que l'équipement a été pillé et que de nombreux pêcheurs sont partis ou ont été tués.

Le nombre de veuves et d'orphelins a augmenté. Avec la chute du commerce et une chute correspondante des revenus, de moins en moins de familles peuvent se permettre d'envoyer leurs enfants à l'école. Beaucoup ne peuvent s'offrir qu'un seul repas par jour. Mi, les troupes de l'APR, redéployées depuis Pweto, ont conduit des combats plus vigoureux contre les Mai-Mai et les rebelles burundais du FDD [] qui, opérant depuis leur base de la péninsule d'Ubwari, avaient pris les villes situées entre Uvira et Fizi et contrôlaient la majeure partie de la route entre les deux villes.

Des milliers de personnes déplacées ont fui vers Baraka et Uvira et d'autres ont franchi la frontière avec la Tanzanie. Comme ailleurs à l'est du Congo le nombre de viols dans cette région, a augmenté avec la montée des activités militaires.

Parmi les personnes déplacées par les combats entre le RCD, les forces Mai-Mai et les forces FDD qui ont débuté mi, des femmes et des filles de Swima, Mboko, Kabumbe et Kazimia ont rapporté avoir été violées au cours des affrontements militaires ou peu de temps après.

Par exemple, une vieille femme disait que sa belle-fille avait été violée en août par trois soldats qu'elle a décrits comme "Banyamulenge". Ce viol s'est produit lorsque ces hommes tentaient de rentrer chez eux à Kabumbe, après avoir fui les combats entre le RCD et les Mai-Mai. Les Mai-Mai ont attaqué une position du RCD puis sont entrés dans le village et ont commencé à piller les maisons. Cachée dans la zone boisée des collines au-dessus de la ville, elle a entendu pendant plusieurs jours les bruits des combats.

Certaines forces Mai-Mai ont profité de la vulnérabilité des personnes déplacées et leur ont dérobé toutes les choses de valeur en leur possession. Au cours des jours suivants, des Mai-Mai ont découvert où ces personnes se cachaient et ont violé les femmes et les filles. En découvrant qu'elle n'avait rien, ils l'ont déshabillée, l'ont battue avec les crosses de leurs fusils et trois d'entre eux l'ont successivement violée. Certains d'entre eux ont violé, devant elle, sa fille de quatorze ans.

Lors de son séjour dans la forêt, certaines forces Mai-Mai ont localisé sa cachette et ont forcé les hommes à les accompagner pour piller un village abandonné des environs. Lors de leur absence, d'autres Mai-Mai et des combattants FDD ont violé les femmes et les filles restées en arrière et ont battu certaines d'entre elles avec des bâtons et des fusils.

Plusieurs témoins ont soutenu que ces forces obéissaient à un chef Mai-Mai du nom de Bwasakala. Entre juillet et septembre , une organisation de défense des droits humains, à Uvira, a enregistré cas de violence sexuelle contre des femmes et des filles. La plupart des attaques se sont produites dans le territoire de Fizi, lors de combats récents et la plupart ont été perpétrées par les forces du FDD ou du RCD.

Parmi les victimes se trouvaient des filles de onze ans seulement, plusieurs femmes enceintes et des femmes âgées. L'organisation a également recueilli des informations sur plusieurs cas au cours desquels des femmes ont été tuées par balle parce qu'elles s'opposaient au viol de leur fille. Selon cette organisation, les soldats du RCD ont violé puis tué cinq femmes, le 5 août , à Lusambo, à 15 kilomètres au nord de Mboko, dans le territoire de Fizi.

Comme dans les cas décrits plus haut, nombre de viols ont été perpétrés sur des femmes déplacées et peu de temps après des affrontements militaires. Certaines des femmes et des filles sont tombées enceintes après le viol, certaines ont eu des fausses couches. Des soldats et d'autres combattants ont également attaqué et violé des femmes trouvées aux champs. Elle était partie dans son champ où elle cultive du manioc, du maïs et des arachides, situé vers Kiliba au nord d'Uvira.

Comme la pluie semblait imminente, peu d'autres personnes étaient allées cultiver. Elle était seule lorsqu'elle a quitté le champ, au milieu de l'après-midi et a été attaquée par des soldats venant des montagnes où ils avaient combattu. Deux des soldats l'ont violée dans le champ puis sont montés dans un véhicule militaire avec les autres et sont partis. Elle travaillait au champ avec sa belle-mère quand le soldat s'est approché et l'a violée.

Suite à cela, la famille a décidé de quitter son village et de se rendre dans les montagnes contrôlées par les Mai-Mai. Vers 8 heures du matin, elle a tout à coup vu de nombreuses personnes qui couraient et quatre soldats descendre une colline. Quand les soldats l'ont rattrapée, il lui ont dit, ainsi qu'à une autre femme, de venir pour porter leurs bagages.

Lorsqu'elle s'est approchée avec l'autre femme, les soldats se sont emparés d'elles, les ont jetées au sol et les ont violées. L'un des soldats l'a maintenue en joue pendant que l'autre la violait. Chacune des deux femmes a été violée par les deux soldats qui leur ont ensuite déclaré: Elle a affirmé qu'elle ne pouvait faire la différence.

Interrogée sur des réparations judiciaires, elle a répondu: Il y a ceux qui sont forts et on a peur d'eux. Elle a affirmé que les rebelles ont souvent attaqué sa zone natale de Nyango, à douze kilomètres de Sange. Ils sont venus pour chercher de l'argent et ont battu les gens s'ils n'avaient rien à leur donner, a-t-elle dit, et parfois, ils ont emmené des femmes et des filles avec eux.

Début octobre , des rebelles hutu burundais en uniformes et parlant kirundi ont tenté de kidnapper Agathe T. Ces femmes et ces filles ont été retenues pendant une semaine dans un village appelé Sasira, au Burundi, de l'autre côté de la rivière Rusizi.

Elle a été donnée pour "femme" à l'un des soldats et a vécu sous un abri temporaire fait d'une feuille de plastique. En octobre , un cultivateur de Sange a raconté aux chercheurs de Human Rights Watch que sa femme avait été violée, quelques jours auparavant seulement. Des rebelles burundais, dont il pensait qu'ils appartenaient aux forces du FNL, ont attaqué sa maison le 26 octobre. Il y avait quatre hommes et deux d'entre eux l'ont emmené en brousse et l'ont menacé pendant que les deux autres ont emmené sa femme vers un autre endroit dans la brousse et l'ont violée.

Les gens du coin ont attribué le manque de nourriture à Uvira, fin , en partie au refus des femmes de se rendre dans leurs champs aux abords d'Uvira pour les travailler, un refus motivé par la peur du viol et d'autres formes d'attaques par des soldats ou d'autres combattants. Au moment des recherches pour ce rapport, fin , l'activité militaire était moins intense au Nord Kivu qu'au Sud Kivu.

Néanmoins, certains soldats et combattants ont fréquemment violé des femmes et des filles. Comme au sud, les soldats du RCD sont établis dans des villes comme Goma, la ville principale de la région mais ils contrôlent seulement des parties limitées de la campagne.

Des combattants armés hutu dominent une bonne part du territoire de Masisi, Rutshuru et Walikale bien que l'APR, avec le RCD, aient lancé, en , un effort important pour les chasser de la région. Certains de ces combattants hutu appartiennent à l'ALIR, la plus importante des unités rebelles rwandaises au Congo et la mieux organisée. Bien que les commandants de l'ALIR aient apparemment ordonné à leurs forces de ne pas faire de mal aux civils lorsqu'un grand nombre d'entre eux a traversé la frontière pour aller au Rwanda, en mai , ils ne semblent pas avoir étendu cet ordre au territoire congolais.

En mars , un groupe de Congolais se rendait au marché de Kitchanga, dans le territoire de Masisi, à environ soixante kilomètres au nord de Goma. Ils étaient très sales, indice révélant qu'ils avaient vécu en brousse et ils parlaient kinyarwanda. Ils ont tué les deux hommes qui accompagnaient les femmes et ont choisi huit femmes pour porter leur butin, à savoir les biens que le groupe portait au marché.

Ses ravisseurs ont emmené Innocente Y. Cinq hommes l'ont violée à plusieurs reprises, au cours de cette période. Elle a risqué sa vie en fuyant le camp. Comme elle s'échappait en courant, elle a vu le corps d'une autre femme qui selon elle, avait tenté de s'enfuir et avait été reprise. Elle a ainsi raconté:.

J'étais sortie pour trouver du bois pour faire une construction. J'étais sur la route, avec ma mère. Ma mère m'aidait à charger du bois sur ma tête quand ce soldat est arrivé et a commencé à nous crier dessus en disant: C'était un soldat du RCD. Il avait une grenade et un fusil et il portait un uniforme.

Il faisait partie des soldats tutsi qui sont restés dans les collines, au-dessus de la ville. Quand elle a essayé de résister, ils ont entaillé au couteau le haut de sa cuisse.

Elle s'occupait seule de ses haricots, dans un champ proche de Sake, en milieu de matinée. Les soldats ont menacé de la tuer si elle résistait et chacun des huit soldats l'a violée, "l'un après l'autre". Puis, ils l'ont fait marcher sur une longue distance avec eux afin, selon elle, de la terrifier. Elle s'est retrouvée enceinte suite à ce viol et comme beaucoup d'autres, n'a pas consulté un médecin après avoir été violée.

Un soldat du RCD est arrivé, cherchant le propriétaire de la maison dans laquelle elle séjournait. Elle était seule à ce moment là. Il lui a demandé un verre d'eau et comme elle partait le chercher, il l'a saisie par derrière. Il m'a donné un coup de pied dans le ventre et je suis tombée. Cela a pris moins de dix minutes," a-t-elle raconté.

Il n'y avait pas de sang, juste une douleur pendant quelques jours. J'ai pensé que j'étais juste un peu blessée. Je ne pense pas que je pourrais l'identifier. Ils diraient simplement [Hélène] a fait ça alors je n'ai rien dit. Je pensais que ça passerait tout seul. Je n'en veux pas qu'au soldat qui m'a fait ça.

J'en veux aussi au RCD. Je pense que c'est la guerre qui est responsable de ce qui m'est arrivé. Nous [les femmes] sommes des victimes de la guerre. On ne prend pas les armes, mais nous les femmes, c'est nous qui souffrons le plus. Cette agression était la seconde qu'elle subissait, bien que la première fois, en , elle ait réussi à prendre la fuite.

Cette fois là, un commandant de l'armée rwandaise avait tenté de la violer. Elle a affirmé que c'était un " Afande " [] en charge du camp militaire de Mushaki, au Nord Kivu, à cette époque.

Elle nous a raconté: Il m'a poursuivie et m'a tiré dessus deux fois. J'ai dit à l'Afande: Un soldat RCD du camp militaire tout proche est descendu de la colline en provenance du camp et s'est dirigé vers elle. Il a offert de l'aider à porter l'eau, puis ensuite s'est tourné sur elle et l'a violée. Quand elle a résisté, il a entaillé son épaule avec un couteau, lui laissant une large cicatrice.

Elle a pleuré et est rentrée chez elle mais n'a pas cherché à recevoir une aide médicale. Elle s'est retrouvée enceinte après ce viol. A cette époque, elle vivait avec sa famille et allait à l'école. Suite au viol, sa famille l'a rejetée et elle a dû quitter l'école. Elle s'occupe maintenant seule de son bébé qui est handicapé et elle survit en lavant des vêtements ou en travaillant comme ouvrière agricole dans le champ des autres. Bien que le RCD ait une emprise plus forte sur la ville de Goma que sur n'importe quelle autre ville de l'est du Congo, il règne dans la ville une forte insécurité qui se manifeste par des viols, des vols à main armée et des attaques contre les habitants.

Dans certains cas, les auteurs de ces actes sont des soldats du RCD ou de l'APR, dans d'autres, des policiers congolais. Les autorités du RCD ont reconnu que des personnalités officielles avaient été impliquées dans certains de ces crimes. Selon l'Agence France Presse, ils ont publié une déclaration lue à la radio qui disait: Je ne savais pas quelle heure il était, je dormais.

Quatre hommes, des soldats, sont venus pour voir ce qu'ils voulaient voler. Ils étaient armés de couteaux. Ils parlaient kinyarwanda et kiswahili, les deux langues de l'armée. Certains étaient rwandais, d'autres congolais. Certains étaient en civils, d'autres en uniformes militaires. Je n'ai pas vu leurs visages. Ils ont choisi notre maison au hasard, il y a beaucoup d'autres maisons dans le quartier. J'étais seule à la maison avec ma mère.

Ils ont forcé la porte de la maison. Quand la porte s'est ouverte, j'ai crié. Ils ont dit qu'ils avaient besoin de la fille. Trois des hommes m'ont violée. Ils n'ont pas violé ma mère. Ils ont dit qu'ils n'avaient pas besoin de la mère, juste de la fille. Ils ont demandé si j'étais mariée et j'ai dit non. Ils ont demandé si j'avais déjà été prise par un homme et pourquoi.

C'était la première fois que je couchais avec des hommes. Ils ont dit que si je refusais, ils me tueraient. Le premier qui m'a prise m'a frappée avec ses mains. Il m'a prise de force. Je lui ai demandé d'avoir pitié de moi.

Il a dit que si je ne le laissais pas faire, il me tuerait. Il m'a frappée alors j'ai accepté. J'étais encore au lit. Les autres ne m'ont pas frappée.

Le second voulait mettre sa chose dans ma bouche, j'ai refusé. Les trois m'ont violée, le quatrième est parti. Quand ils m'ont prise, je me suis sentie mal. Dans la nuit, j'ai pleuré et j'ai demandé à Dieu: J'ai refusé tellement d'hommes. Et il a fallu que j'accepte des hommes que je n'avais jamais rencontrés, je ne connaissais même pas leurs visages. Ma mère m'a dit que je devrais remercier Dieu d'être encore en vie. Elle m'a dit d'être courageuse et de ne rien dire aux autres familles pour ne pas perdre ma réputation.

Elle a dit que si je racontais ce qui m'était arrivé, j'aurais du mal à trouver un mari. Ils pourraient dire que j'avais des maladies parce que j'étais avec des soldats.

J'ai été malade pendant trois jours. C'était comme s'ils avaient mis du piment en moi, ça brûlait. J'ai saigné pendant cinq jours comme si j'avais mes règles. Je n'ai pas encore eu de règles normales depuis [le viol s'était produit environ cinq semaines plus tôt].

J'avais mal après mais ça va maintenant. Au matin, ma mère m'a donné de l'eau pour me laver, juste de l'eau. Je n'ai pas vu un docteur ou une infirmière. Je n'ai pas assez d'argent pour les tests.

J'ai déjà du mal à trouver de l'argent pour mes études, je ne peux pas, en plus, payer des médicaments. Pour mes examens, on doit payer chaque professeur un dollar, un dollar… Je n'avais pas assez pour ça non plus. J'ai parfois des migraines et des vertiges et je ne peux alors rien faire du tout. Parfois, je ne peux plus respirer et on dirait que je vais mourir.

J'ai eu ça trois fois depuis que ça s'est produit. Ça m'était jamais arrivé avant. Je prie mais cela ne semble pas m'aider. Des fois, je me sens détachée de mon corps. Ça s'est produit quatre fois et puis ça passe et je me sens vivante de nouveau. J'ai parlé de ça à ma mère. Elle dit que je ne dois pas me plaindre parce que je suis toujours en vie. Les voisins ne savent rien, ma mère leur a dit qu'ils n'avaient rien fait, juste volé.

Les assaillants qui ont violé des femmes et des filles les ont fréquemment battues, fouettées ou agressées d'une autre façon avant, pendant ou après que le viol se soit produit. Ceux-qui ont enlevé des femmes et des filles et les ont gardées pendant des semaines ou des mois leur ont régulièrement infligé des coups en plus des viols.

Les violeurs ont aussi insulté et humilié leurs victimes. Au delà de ces cas habituels d'abus, il y a eu d'autres cas où les violeurs ont infligé à leurs victimes de graves blessures, en faisant pénétrer dans leur vagin des bâtons ou d'autres objets ou en mutilant leurs organes sexuels au moyen d'armes telles que des couteaux ou des lames de rasoir.

Un gynécologue a raconté qu'au cours de ses nombreuses années de travail, il n'avait jamais vu des atrocités comme celles commises contre les femmes qui avaient été violées et qu'il avait récemment traitées. Parmi ces cas, se trouvent des femmes dont le clitoris et les lèvres vaginales ont été coupés avec des lames de rasoir.

Il a affirmé que l'une de ses patientes a expliqué ceci en disant: Des soldats en uniformes, armés, identifiés par des témoins comme étant des "Banyamulenge" ont entouré un groupe de femmes travaillant dans un champ à Kigongo, à environ dix kilomètres au sud d'Uvira, en juillet La plupart des femmes ont réussi à prendre la fuite et à se cacher, y compris la femme qui nous a informés de cet incident. Cependant, elle a vu comment les attaquants ont saisi une femme burundaise, décrite comme étant hutu.

Ils ont accusé cette femme d'être l'épouse de Mai-Mai, selon la témoin qui observait la scène depuis sa cachette. La femme retenue captive a nié l'accusation, prétendant qu'elle était venue du Burundi chercher refuge au Congo.

Sept hommes ont pris la femme burundaise et l'ont violée. Puis l'un des violeurs a introduit son fusil dans son vagin et a tiré. Les assaillants sont alors partis. La témoin et les autres femmes sont sorties de leur cachette et ont tenté d'emmener la femme très gravement blessée vers un poste de santé mais elle est morte en chemin.

Le matin suivant, les mêmes attaquants sont revenus et ont menacé de tuer les autres femmes. Selon la témoin, il y a eu deux autres cas similaires récemment, à Kabumbe. Dans chacun de ces cas, des soldats du RCD ont usé de leur arme dans le vagin des femmes qu'ils avaient violées et les ont ainsi tuées.

La témoin, une veuve de quarante ans, n'est pas retournée au champ depuis qu'elle a assisté au meurtre de la femme burundaise. Le 1er juin , un soldat du RCD a violé une jeune femme de vingt-cinq ans, près de Nundu, dans le territoire de Fizi. Il a ensuite tiré à trois reprises dans ses organes génitaux.

Miraculeusement, elle n'est pas morte. Quatre- vingt dix pour cent des citoyens européens interviewés considéraient la violence sexuelle dont sont victimes les femmes comme un délit très grave dans leur hiérarchie personnelle des différentes infractions. Plusieurs initiatives ont vu le jour: Beaucoup de femmes ne peuvent toujours pas contrôler leur vie sexuelle et reproductive ou prendre des décisions libres et informées en matière de planification familiale, ce qui a de graves conséquences pour leur santé.

En Belgique francophone, ces initiatives internationales et nationales ont été suivies et ont provoqué un changement dans les missions de travail des institutions travaillant autour de la santé sexuelle et reproductive. Il existe de nombreuses publications sur ces violences en Belgique. La plupart ont un contenu qualitatif.

Dans la plupart des cas, les victimes sont des femmes et des filles, et les auteurs de cette violence sont des hommes. Le droit pénal belge incrimine divers comportements dans la sphère sexuelle, parmi lesquels les plus importants sont: Notre code pénal contient également des dispositions spécifiques en ce qui concerne les délits sexuels commis sur un mineur ou avec son aide. Par ailleurs toute relation sexuelle concernant un mineur de moins de 14 ans sera qualifiée de viol.

Le nombre de mineurs suivis est également imprécis. Nous avons récolté des données de cinq sources différentes: En ce qui concerne les enfants âgés de moins de 14 ans, ils sont présumés de manière irréfragable ne pas pouvoir donner leur consentement à un acte sexuel. Les actes sexuels les impliquant seront donc toujours qualifiés de viol, même si ces enfants y ont collaboré.

La débauche et la prostitution ne sont pas définies par le Code pénal. Nous voulons nous limiter à la Belgique francophone. Le nombre de personnes participant aux diverses enquêtes peut varier aussi. Nous avons également été confrontés à la question du genre. La cinquième difficulté se situe dans les périodes très variables couvertes par les recherches. Il faut souligner que les policiers chargés du secteur de la jeunesse ne sont pas systématiquement tenus de dresser un procès-verbal lors de leur intervention.

Les données concernent Bruxelles et Wallonie, pour les années à Child Focus et Action Innocence Belgique ont envoyé ces signalements et témoignages au Federal computer crime unit de la police fédérale qui utilise la définition suivant par rapport au matériel pédopornographique: Elle peut se définir comme suit: La police fédérale a ainsi reçu via ces deux organisations, 2.

Les dossiers analysés concernent abuseurs pédosexuels majeurs et portent sur mineurs victimes et sur faits. Cette coutume est considérée comme une forme de violence sexuelle puisque les enfants et les jeunes concernés sont incapables de donner ou de refuser leur consentement. Ils redoutent donc souvent ce moment et leurs premières relations sexuelles sont souvent forcées.

Seulement quinze nouveaux dossiers de mineurs victimes de la traite ont été ouverts. En , il y a eu 31 dossiers ouverts. Il est important de spécifier que les mutilations sont punissables même si elles ont été pratiquées en dehors du territoire de la Belgique. La Belgique accueille différentes communautés concernées par la problématique des mutilations génitales féminines, principalement pratiquées en Afrique.

Action Innocence asbl est une autre organisation qui lutte contre les abus sexuels impliquant des enfants et des jeunes sur Internet. Sept jeunes sur dix surfent sur Internet. Au niveau mondial, en , Des données sur les 2. Le Limburgs Universitair centrum a réalisé en une grande étude sur les différentes formes de violence auxquelles les personnes ont été confrontées en tant que victimes.

Dans cette enquête, une définition subjective de la violence a été utilisée. Au total, 24 actes de violence sexuelle ont été définis, allant des attouchements au-dessus des vêtements au viol anal avec un objet. Trente pour cent des femmes déclarent avoir connu une expérience de violence sexuelle au cours de leur enfance.

Plus de deux fois sur trois ces violences ont été commises par des membres de la famille ou par des proches. Ces femmes ont au total déclaré faits de violence sexuelle différents. La recherche mentionne que la même chose est déclarée par un homme sur dix. Le Moniteur de sécurité est une enquête téléphonique que les services de police organisent tous les deux ans en invitant un échantillon de 6.

On ne sait évidemment pas si ce sont les mêmes élèves ou non.

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Le droit pénal belge incrimine divers comportements dans la sphère sexuelle, parmi lesquels les plus importants sont: Notre code pénal contient également des dispositions spécifiques en ce qui concerne les délits sexuels commis sur un mineur ou avec son aide. Par ailleurs toute relation sexuelle concernant un mineur de moins de 14 ans sera qualifiée de viol.

Le nombre de mineurs suivis est également imprécis. Nous avons récolté des données de cinq sources différentes: En ce qui concerne les enfants âgés de moins de 14 ans, ils sont présumés de manière irréfragable ne pas pouvoir donner leur consentement à un acte sexuel.

Les actes sexuels les impliquant seront donc toujours qualifiés de viol, même si ces enfants y ont collaboré. La débauche et la prostitution ne sont pas définies par le Code pénal. Nous voulons nous limiter à la Belgique francophone. Le nombre de personnes participant aux diverses enquêtes peut varier aussi. Nous avons également été confrontés à la question du genre.

La cinquième difficulté se situe dans les périodes très variables couvertes par les recherches. Il faut souligner que les policiers chargés du secteur de la jeunesse ne sont pas systématiquement tenus de dresser un procès-verbal lors de leur intervention.

Les données concernent Bruxelles et Wallonie, pour les années à Child Focus et Action Innocence Belgique ont envoyé ces signalements et témoignages au Federal computer crime unit de la police fédérale qui utilise la définition suivant par rapport au matériel pédopornographique: Elle peut se définir comme suit: La police fédérale a ainsi reçu via ces deux organisations, 2. Les dossiers analysés concernent abuseurs pédosexuels majeurs et portent sur mineurs victimes et sur faits.

Cette coutume est considérée comme une forme de violence sexuelle puisque les enfants et les jeunes concernés sont incapables de donner ou de refuser leur consentement. Ils redoutent donc souvent ce moment et leurs premières relations sexuelles sont souvent forcées. Seulement quinze nouveaux dossiers de mineurs victimes de la traite ont été ouverts. En , il y a eu 31 dossiers ouverts. Il est important de spécifier que les mutilations sont punissables même si elles ont été pratiquées en dehors du territoire de la Belgique.

La Belgique accueille différentes communautés concernées par la problématique des mutilations génitales féminines, principalement pratiquées en Afrique. Action Innocence asbl est une autre organisation qui lutte contre les abus sexuels impliquant des enfants et des jeunes sur Internet.

Sept jeunes sur dix surfent sur Internet. Au niveau mondial, en , Des données sur les 2. Le Limburgs Universitair centrum a réalisé en une grande étude sur les différentes formes de violence auxquelles les personnes ont été confrontées en tant que victimes.

Un panel d'experts nommés par le Conseil de Sécurité des Nations Unies a établi mi que le Rwanda s'enrichissait aux dépens du Congo. Le gouvernement burundais n'exerce aucune influence politique significative sur le RCD et ne s'est pas lancé dans une exploitation significative des ressources congolaises.

A l'origine, l'Armée Patriotique Rwandaise était majoritairement tutsi; le nombre de Hutu dans ses rangs a augmenté considérablement au cours des dernières années mais la plupart des officiers de haut rang restent tutsi. De la même façon, les Congolais appartenant au groupe ethnique tutsi, les Banyamulenge, jouent un rôle majeur dans le RCD et les Tutsi constituent la majorité des officiers des forces burundaises.

Les Congolais qui ne sont pas tutsi, en particulier ceux qui s'opposent à la présence des forces gouvernementales rwandaises et burundaises sur leur sol, désignent souvent les membres de l'une ou l'autre de ces forces par le nom de "Tutsi", habituellement avec des connotations négatives.

Dans ce rapport, nous avons évité un tel usage sauf dans les cas où nous citions directement des témoins. Un certain nombre de groupes armés composés principalement de Hutu rwandais combattent contre le RCD, l'APR et l'armée burundaise, dans les deux provinces du Kivu. Certains de ces combattants, en particulier ceux qui détiennent des positions de commandement, ont participé au génocide rwandais mais de nombreux autres — probablement la majorité — n'y ont pas pris part. De nombreuses personnes, tant congolaises qu'étrangères, désignent ces combattants, globalement, comme Interahamwe, une pratique qui attribue, à tort, la culpabilité du génocide à tous.

Certains Congolais, qu'ils soient hutu ou non, ont également rejoint ces groupes. Dans le reste de ce rapport, nous évitons le terme Interahamwe sauf lorsque nous citons directement des témoins. Bien que d'ordinaire hostiles à l'APR et au RCD, certains groupes rebelles hutu auraient passé des accords de court terme avec ces deux forces, en particulier si de tels arrangements étaient nécessaires pour faciliter l'exploitation des ressources minières locales. Jusqu'à récemment, son siège se situait à Lubumbashi, d'où ses forces ont opéré en conjonction avec celles des FAC.

Sous Laurent Kabila, le gouvernement congolais et l'armée ont fourni un soutien logistique et militaire aux groupes armés rwandais hutu et burundais. Lorsque Joseph Kabila a pris le pouvoir au début de l'année , il a promis de mettre fin à ce soutien mais des rapports reçus mi indiquaient qu'il n'avait pas encore agi en ce sens. En janvier , le nouveau gouvernement burundais — un gouvernement à large base installé en novembre , suite à l'Accord de Paix d'Arusha — a annoncé le retrait de ses forces du Congo.

En retour, le gouvernement congolais a promis de cesser son soutien au FDD, semblant ainsi reconnaître que son soutien avait continué, au moins jusqu'à cette période.

Au moment de la rédaction de ce rapport, les troupes gouvernementales burundaises se trouvaient toujours au Congo. Le terme Mai-Mai [20] s'appliquait à l'origine à de nombreux groupes de combattants sur place, engagés dans la défense de leurs communautés contre des éléments extérieurs, définis parfois comme les soldats gouvernementaux rwandais, burundais ou ougandais, d'autres fois comme les combattants rebelles rwandais ou burundais et parfois encore, comme les Congolais d'autres groupes ethniques, en particulier ceux parlant le kinyarwanda ou ceux étant d'origine tutsi.

Pour certains Congolais, les Mai-Mai représentent "la résistance populaire". On doit montrer aux Rwandais qu'ils ne contrôlent rien. C'est une révolution populaire … Ils sont le peuple des villages. Au cours de la guerre, certains Mai-Mai en sont venus à faire le choix de se concentrer sur l'augmentation de leur propre richesse et de leur pouvoir au nom de la défense de leur communauté. Ils sont devenus des prédateurs opportunistes, tuant, violant et pillant les biens des civils locaux.

Certains témoins ont affirmé que ce changement résultait de l'intensification du conflit avec les troupes étrangères quant au contrôle des ressources locales, dont les Mai-Mai avaient bien l'intention de tirer également profit. Les vrais Mai-Mai sont ceux qui ne violent pas, ils ne peuvent pas toucher les femmes. Ils ont des règles. D'autres se sont ralliés aux Mai-Mai mais ne suivent pas leurs principes et ceci conduit à une indiscipline.

Tout le monde est Mai-Mai. Au début [du conflit], ils étaient bons mais ils sont devenus mauvais. Les groupes Mai-Mai ne disposent pas de commandement central, ni de règlements unifiés. Certains coopèrent vaguement avec d'autres mais beaucoup gardent leur autonomie et s'engagent même parfois dans des combats contre d'autres Mai-Mai.

Certains Mai-Mai se sont alliés à des groupes rebelles majoritairement hutu, au gouvernement congolais et même aux forces armées ougandaises, à l'APR et au RCD, dans des alliances de court terme qui peuvent soudainement changer. Mi, le gouvernement congolais aurait sans succès essayé d'organiser les forces Mai-Mai sous son contrôle. Il continuerait apparemment à apporter un soutien logistique et militaire à certains groupes. La guerre a fait payer un prix énorme aux gens ordinaires, coûtant la vie à 2,5 millions de civils sur les 20 millions de l'est du Congo, entre et , selon une estimation fournie par le International Rescue Committee.

Ce chiffre représente une estimation du nombre de personnes mortes en plus du taux de mortalité qui serait normalement celui de cette population, sur cette période. Ces morts sont davantage dues à un manque de nourriture, d'eau propre, de médicaments et d'abris qu'aux combats eux-mêmes.

Les fonctionnaires, y compris le personnel médical et judiciaire, ne sont pas payés et sont démoralisés. Le chômage est très répandu, la corruption est devenue une nécessité pour la plupart des gens afin d'assurer leur survie et malgré l'énorme richesse minière du pays, l'économie s'est effondrée. Les quatre-cinquièmes environ des familles rurales ont fui leur maison au moins une fois, au cours des cinq dernières années.

Parce que les fermiers ont fui ou qu'ils étaient empêchés de se rendre dans leurs champs ou de porter leurs produits au marché, la production agricole a décliné et la malnutrition a augmenté. Selon des agents des organisations humanitaires ayant discuté avec les chercheurs de Human Rights Watch, la malnutrition était si sévère, fin , dans l'une des zones du sud Kivu, que seuls les adultes étaient encore capables de marcher jusqu'aux centres d'assistance.

Les enfants et les personnes âgées n'avaient plus la force d'entreprendre un tel déplacement. Les personnes appauvries trouvaient rarement l'argent nécessaire pour payer les services de santé. Même ceux disposant de ressources trouvaient la distance trop importante ou la route trop peu sûre pour se rendre dans un centre de santé ou une clinique.

De plus, de nombreuses installations médicales ne fonctionnaient plus parce que leur personnel avait pris la fuite, parce que les fournitures étaient épuisées ou parce que les bâtiments avaient été endommagés ou détruits. Selon un rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé OMS et du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance UNICEF , plus de 70 pour cent de la population congolaise n'ont effectivement pas accès à des soins de santé formels parce que les gens n'ont pas l'argent pour ces services ou parce qu'ils ne peuvent se rendre jusqu'à ces installations.

Toutes les parties au conflit ont pris pour cibles des hôpitaux et des cliniques, parfois pour piller leur équipement et leurs fournitures, parfois pour punir le personnel d'avoir soi-disant aidé leurs opposants ou pour les empêcher d'apporter une telle aide à l'avenir.

Les soldats croyaient que le centre n'avait jamais été attaqué par des groupes armés hutu ou des Mai-Mai et que son personnel était par conséquent complice des rebelles. En fait, les soldats avaient tort puisque le centre avait déjà été pillé par un tel groupe avant d'être attaqué par les forces du RCD. Même avant la guerre au Congo, les femmes et les filles étaient des citoyens de seconde classe.

Le droit, ainsi que les normes sociales, définissaient le rôle des femmes et des filles comme celui de personnes subordonnées aux hommes. Bien que les femmes soient souvent l'une des principales — si ce n'est la principale — sources de soutien pour la famille, le Code de la Famille congolais exige d'elles qu'elles obéissent à leur mari, reconnu comme le chef du foyer.

Le statut d'une femme dépend de sa situation de femme mariée et les filles ont tendance à se marier jeunes. Il est généralement considéré plus important d'assurer l'éducation des garçons que celle des filles et un pourcentage plus élevé de garçons que de filles fréquentent l'école. Les statistiques sur l'alphabétisation au Congo montrent comment une discrimination fondée sur le genre était la norme avant la guerre et continue d'être un problème aujourd'hui.

Certains ont "résolu" des cas de viols en acceptant de l'argent de la part du violeur ou de sa famille ou en arrangeant un mariage entre le violeur et sa victime. A cause du nombre de cas traités de cette façon et à cause de la réticence des femmes à souffrir l'isolement qui va de pair avec le statut affiché de victime de viol, le nombre de cas officiellement rapportés est certainement très en dessous du nombre de crimes effectivement commis.

Les femmes et les filles qui sont violées souffrent d'une perte significative de statut social, comme nous le montrerons plus loin. Dans les cas de décès de femmes et de filles par meurtre ou manque de soins, la famille de la victime accepte parfois l'équivalent du prix d'une dot en compensation et ne donne pas d'autre suite au cas.

Les femmes ne peuvent exiger de leur mari qu'il utilise des préservatifs et comme dans de nombreux pays, les relations sexuelles hors mariage sont tolérées pour les maris mais non pour les épouses. Le principe des familles très nombreuses, qui constituent la norme au Congo, en particulier dans les zones rurales, tend à limiter les possibilités d'indépendance des femmes par rapport à leur mari. En dehors de la famille, les femmes ont, là aussi, des pouvoirs limités. Peu de femmes congolaises occupent des positions de leaders dans la société civile ou dans la sphère politique.

Bien que certains efforts aient été accomplis pour inclure les femmes dans le Dialogue inter-congolais, la vaste majorité des délégués sont des hommes. La guerre a épuisé les réserves des habitants de l'est du Congo. Le fardeau que représentent la lutte pour sa survie et les tentatives pour assurer que d'autres, dans la famille, survivent aussi est largement porté par les femmes.

Alors que la situation socio-économique s'aggrave, davantage de femmes et de filles en viennent à échanger relations sexuelles contre nourriture, abri ou argent afin d'assurer leur propre subsistance et celle de leur famille.

Le sexe de survie est différent des crimes de violence sexuelle commis par les soldats et les combattants. Mais le sexe de survie crée un contexte dans lequel les relations sexuelles abusives sont plus acceptées et dans lequel, de nombreux hommes — qu'ils soient civils ou combattants — considèrent le sexe comme un "service" facile à obtenir, moyennant pressions.

Une femme travaillant pour une organisation pour "filles dans des circonstances infortunées" nous a déclaré: A cause des circonstances et de la fréquence de leurs contacts avec des hommes en dehors du foyer, les femmes et les filles qui se livrent au sexe de survie risquent fortement d'être violées.

Une femme a ainsi expliqué: On doit se soumettre à tout ce qu'ils font, être frappé et après, on est mal payé en plus. De nombreuses femmes vivant dans les camps militaires du RCD, y compris des veuves de soldats et des femmes dont le mari a disparu ou est absent parce qu'en service, souffrent de harcèlement sexuel et de viols commis par des soldats et des officiers. Elles sont parfois contraintes d'échanger sexe contre autorisation de continuer à vivre dans le camp.

Certaines de ces femmes distillent aussi des boissons alcoolisées et les vendent pour gagner un modeste revenu.

Des soldats qui viennent pour boire refusent parfois de payer et violent parfois ces femmes. En mars , une veuve a servi une bière locale à cinq soldats de l'APR. Ils ont refusé de la payer et l'ont ensuite violée, devant ses enfants. Une activiste locale oeuvrant pour les droits de la femme a rapporté que la fille a eu des relations sexuelles avec des hommes qui avaient menacé de l'expulser de son refuge et du camp, et qu'elle était régulièrement violée par un lieutenant du RCD occupant un poste de commandement dans le camp.

C'est une vraie guerre dans la guerre, une autre forme d'attaque contre le peuple congolais," déclarait un conseiller qui travaille avec des femmes et des filles soumises à un viol et à d'autres formes de violence sexuelle.

Des combattants du RCD, des soldats rwandais ainsi que des combattants des forces qui leur sont opposées — Mai-Mai, groupes armés de Hutu rwandais et rebelles burundais des FDD et du FNL — ont, de façon fréquente et parfois systématique, violé des femmes et des filles, au cours de l'année écoulée.

Des soldats et des combattants ont violé et par ailleurs, abusé de femmes et de filles dans le cadre d'un effort pour gagner le contrôle sur les civils et le territoire qu'ils occupaient et pour conserver ce contrôle.

Ils ont attaqué des femmes et des filles parce qu'elles représentaient leur communauté, visant par les blessures et l'humiliation à terroriser ces femmes en particulier ainsi que de nombreuses autres.

Une jeune fille de seize ans, qui a été violée, nous a dit: Je sais qu'ils ne m'ont pas visée — n'importe quelle [femme] aurait subi la même chose — mais c'est inacceptable. Il y a beaucoup de filles qui vivent dans ces conditions.

Ce rapport se concentre sur les crimes de violence sexuelle commis par des soldats et des combattants. Cependant, le viol et les autres crimes sexuels ne sont pas seulement pratiqués par des membres des factions armées.

Ils le sont aussi, de plus en plus fréquemment, par la police et d'autres personnes occupant des positions d'autorité et de pouvoir, et par des criminels de droit commun et des bandits opportunistes qui profitent du climat d'impunité généralisée et de la culture de violence pour abuser des femmes et des filles [56]. Par exemple, dans de nombreux cas, des soldats, d'autres combattants ainsi que des voleurs armés ont violé des femmes au cours d'un vol ou d'un pillage, parfois après volé tout ce qu'elles possédaient et parfois pour les punir si elles ne possédaient rien digne d'être volé.

Si les crimes commis par des criminels de droit commun ne sont pas examinés en détail dans ce rapport, ce dernier étudie des cas d'attaques conduites par des hommes en armes pour lesquelles on dispose d'indications montrant que leurs auteurs pouvaient être des combattants. Une telle indication peut être la langue des attaquants ; les attaquants parlant le kinyarwanda sont probablement membres de groupes armés rwandais ou de l'APR.

Si les attaquants sont bien armés, ceci peut aussi indiquer un lien avec des groupes armés ou une armée régulière. Certains cas de violations relèvent des types d'abus classiques contre les civils, commis fréquemment par des combattants, comme les attaques de nuit contre des villageois ou les attaques à main armée dans la ville de Goma.

De tels faits sont par conséquent également décrits dans ce rapport. Les femmes et les filles qui ont été violées ou attaquées d'une autre façon identifient rarement les personnes qui ont commis ces crimes. Dans de nombreux cas, elles ne connaissaient pas leurs agresseurs parce qu'ils ne venaient pas de leur communauté.

Dans d'autres cas, en particulier si les agresseurs pensaient qu'ils pourraient être reconnus, ils ont tenté de cacher leur identité en masquant leurs visages ou en aveuglant les victimes au moyen de lampes. Une victime a ainsi raconté: Il n'y avait pas de lumière. On n'avait même pas de pétrole pour allumer une lampe et la seule lumière, c'était quand ils braquaient une torche sur nos yeux.

Je ne voyais pas bien ce qu'ils portaient. Ils avaient des masques et des chapeaux. On ne voyait pas leurs visages. Parfois, les survivantes et les témoins étaient en mesure d'identifier le groupe de soldats ou de combattants auquel les agresseurs étaient affiliés. Ils savaient quels groupes avaient opéré dans leur région et où ils étaient basés. Ceci leur permettait d'identifier les agresseurs, en partie selon le lieu du crime.

Dans certains cas, des survivantes et des témoins savaient que les agresseurs représentaient un certain groupe parce qu'ils avaient révélé leur appartenance à ce groupe à travers leurs paroles: Dans d'autres cas, des survivantes et des témoins ont tiré leurs conclusions, en partie, sur la base du calendrier de l'attaque: Ces attaques ont été menées après que ces soldats aient eux-mêmes été attaqués peu de temps auparavant par des groupes armés basés dans la région.

Lorsque l'apparence physique des assaillants semblait correspondre aux caractéristiques d'un groupe ethnique ou national, les survivantes et les victimes identifiaient parfois les agresseurs comme membres de ce groupe.

Les victimes et les témoins s'appuyaient parfois sur la langue parlée par les agresseurs et même sur des nuances d'accent, régionales et autres. Dans d'autres cas, survivantes et témoins ont fourni des informations sur des types de comportement suggérant telle ou telle identification: Les Mai-Mai semblaient aussi plus enclins à exiger des femmes qu'elles accomplissent certains actes sexuels au profit d'un nombre donné de combattants dans le groupe alors que les agresseurs d'autres groupes armés attribuaient plus fréquemment les femmes qu'ils avaient enlevées, à des individus en particulier.

Dans un nombre significatif de cas, des femmes et des filles qui avaient été attaquées reconnaissaient la difficulté d'identifier de façon certaine leurs agresseurs et déclaraient simplement que ceux-ci étaient des "hommes armés en uniformes" ou simplement, "des hommes en uniformes".

L'apparence physique des assaillants peut aussi être une caractéristique insuffisante pour permettre d'identifier un groupe, et même si une telle identification semble plausible, elle peut en fait s'avérer erronée. Ils suspectaient qu'ils étaient plutôt membres de groupes armés opposés à l'APR ou des Congolais du coin, d'origine rwandaise. Avec l'augmentation du nombre de soldats hutu, dans les rangs de l'APR, à l'est du Congo, tirer avec certitude de telles conclusions n'est plus possible.

De plus, des agresseurs peuvent tenter d'induire victimes et témoins en erreur en parlant des langues qui ne sont pas leur langue habituelle. Le conseiller mentionné plus haut a fait le commentaire suivant: Dans certains cas, des assaillants ont prévenu les personnes présentes lors de l'attaque qu'elles devaient les identifier comme des membres d'un autre groupe.

Dans de nombreux endroits, des individus ou de petits groupes ayant obtenu des armes commettent des crimes contre les habitants locaux, y compris des crimes de violence sexuelle.

Parmi les assaillants, se trouvent des personnes qui ont quitté l'une ou l'autre des forces armées ou les groupes de combattants opérant dans la région ainsi que d'autres ayant obtenu des armes à feu par des biais différents. Un représentant d'une ONG rurale qui assiste des femmes nous a affirmé que son groupe et lui pensaient que les Interahamwe étaient responsables des viols dans leur région jusqu'à ce qu'il apparaisse que les attaquants étaient des soldats, des rebelles Mai-Mai ou des déserteurs.

Il a ainsi expliqué: Mais on a découvert que c'était des enfants de notre village. On en a pris trois. Ils étaient venus pour voler dans le village et les villageois ont usé des tambours alors on les a pris. Ils ont des armes et connaissent l'endroit. Parfois, ce sont des déserteurs. Certains sont des Mai-Mai, d'autres des soldats. En général, ce sont des jeunes gens, les jeunes gens du quartier. Ils ne font rien.

Ils aiment faire les malins, fumer de la drogue. Compte tenu des difficultés à identifier avec précision les agresseurs, certaines victimes, certains témoins et d'autres ont simplement attribué les crimes aux membres des groupes qu'ils détestaient.

Selon un défenseur des droits humains, "beaucoup parlent 'd'Interahamwe' mais il est dur de savoir si ce sont de vrais ou de faux Interahamwe. Il y a confusion. Des accusations aussi automatiques et inexactes ne font que permettre à des assaillants coupables, d'échapper à la justice et les encouragent, ainsi que d'autres, à continuer à commettre leurs crimes, en toute impunité. Les villes les plus importantes du Sud Kivu, ainsi que les routes principales, sont contrôlées par le RCD mais les forces Mai-Mai et les groupes armés majoritairement hutu contrôlent ou se battent pour contrôler des parties significatives du reste du territoire.

Les forces rebelles composées de Hutu rwandais sont basées dans le Parc National de Kahuzi-Biega, depuis quelque temps déjà et ont été accusées de nombreuses attaques sur des zones adjacentes, notamment à Bunyakiri, Kabare, Katana et Walungu [67]. Ces forces ont tué, violé et pillé les biens des civils qu'ils accusent de soutenir le RCD ou l'armée rwandaise. Les forces du RCD et de l'armée rwandaise exercent le même type de violence sur les mêmes personnes, les accusant d'aider les groupes de Hutu rwandais ou les Mai-Mai.

Des habitants sur place ont déclaré que les attaques sur les civils avaient débuté après la destruction des camps de réfugiés, en et après la dispersion, dans la région, des gens qui les habitaient, y compris les Interahamwe et les ex-FAR. Mais après le départ des camps des réfugiés, il y avait des abahinzi étrangers et des Interahamwe dans la forêt," affirmait la représentante d'une organisation de femmes dont les membres viennent de villages tels que Kajeje, Murhesa et Kalonge, proches du Parc National de Kahuzi-Biega.

En août , Mathilde V. Les assaillants ont forcé les femmes à s'aligner et à porter leur butin et leur chargement de munitions jusqu'à leur base. Les Interahamwe ont accusé Mathilde V.

Ils ont accusé d'autres personnes d'avoir pillé leurs possessions dans les camps de réfugiés, en et Alors que les assaillants accompagnaient les femmes le long d'un sentier dans la forêt, ils les ont jetées à terre et les ont violées. Ce jour là, Mathilde V.

Suite au viol, Mathilde V. Dans son propre cas, Mathilde V. Lorsqu'elle a, par la suite, eu des difficultés lors de son accouchement, elle n'a pas avoué au médecin qu'elle avait été violée. Les membres des groupes armés majoritairement hutu s'en prennent particulièrement aux femmes qui passent près de leurs bases, en forêt, lorsqu'elles se rendent dans les champs pour y travailler, lorsqu'elles partent ramasser du bois ou faire du charbon ou quand elles vont au marché.

Une représentante d'un groupe de femmes a déclaré: Pour nous, de l'endroit où on vit jusqu'à la forêt, c'est trois heures de marche. A Kalonge, les gens vivent [de la fabrication et de la vente] du charbon. Il n'y a pas de véhicules pour transporter la braise. Notre équipe a parlé avec plusieurs femmes et filles, dans cette région, qui avaient été enlevées par des Hutu armés, violées à plusieurs reprises et forcées de travailler pour les personnes qui les avaient capturées.

J'étais sur la route de Kalonge à Mudaka. J'avais l'argent que m'avait donné mon fiancé pour acheter une robe de mariée. Un soldat m'a attaquée sur la route. Il a dit des choses en kinyarwanda. C'était le 8 août [] et ils m'ont gardée jusqu'au 25 août et chacun d'entre eux m'a violée chaque jour. Il n'y avait pas vraiment de maison mais un abri sous des sheetings [des feuilles de plastique].

Je mangeais les choses qu'ils volaient de temps en temps — la pâte de farine volée et parfois de la viande. J'ai découvert qu'ils avaient là-bas une autre femme avant moi et je dormais là où elle dormait. Plus tard, ils prendraient une autre femme après moi. Je portais toujours les mêmes vêtements. Si j'essayais de parler, ils me battaient. C'était tous les mêmes, des hommes horribles. Finalement, ils m'ont juste renvoyée quand ils ont été fatigués de moi.

Ils ont pris les vêtements que je portais et m'ont donné de vieux vêtements. Je suis allée dans un centre de santé qui s'occupe des victimes de viols et j'ai eu des médicaments.

Seul Dieu peut m'aider. Il m'a sauvée de la mort. Il n'y a pas d'autre endroit où se tourner. Ils ont pris mon argent pour la robe de mariée. Mon fiancé veut bien encore de moi, même si maintenant, je n'ai rien. Je ne voulais en parler à personne mais j'ai dû lui dire parce que j'ai été absente si longtemps. Et parce que j'ai été absente si longtemps, les gens en parlent même si je n'ai raconté à personne d'autre ce qui s'est passé.

Je n'ai plus rien maintenant," a-t-elle déclaré. Dans certains cas, des assaillants armés ont enlevé des femmes et des filles au cours de cambriolages, les ont forcées à porter les biens volés jusqu'à leur base puis les ont violées là-bas. C'était un soir de juin. J'entendais les soldats [à savoir des hommes en armes] se livrer à un pillage dans les environs. Quand ils sont arrivés à notre maison, j'ai couru pour me protéger.

Chaque nuit, ils s'approchent pour piller. Mais cette nuit, après ma fuite, il a commencé à pleuvoir. Pour me protéger de la pluie, j'ai décidé de retourner à la maison. A ce moment là, il y avait beaucoup d'autres personnes qui cherchaient aussi à se protéger de la pluie — on était environ dix-huit, principalement des voisins et de nombreuses vieilles personnes.

Mais les soldats sont arrivés et ils nous ont encerclés. Ils étaient nombreux, je ne peux pas dire combien. J'entendais juste leurs voix. J'ai vu que tout dans la maison avait été volé. J'avais mon bébé sur le dos. Quatre soldats sont entrés dans la maison. Ils étaient tous armés. Ils ont pris mon bébé. J'étais la plus jeune femme dans la maison. Ils ont laissé les femmes plus âgées et m'ont prise, moi. Les quatre soldats m'ont fait porter sur le dos les affaires qu'ils avaient volées.

Puis, plus tard, on a retrouvé les autres et ils ont donné la charge que je portais sur le dos à un homme qu'ils avaient capturé. Mais je marchais avec les quatre qui m'avaient enlevée de la maison. On a marché dans la forêt de 10 heures du soir, environ, à minuit.

Je ne connaissais pas l'endroit. Puis, je me suis retrouvée seule avec l'un d'entre eux. J'ai découvert ensuite que les trois autres étaient chacun partis avec une femme qu'ils avaient capturée. J'ai été violée trois fois [par le même soldat]. Il était armé tout le temps. Il n'a pas dit un mot et je n'ai pas dit un mot. Finalement, il est parti vers 3 heures du matin.

J'avais peur de marcher mais lentement, je suis rentrée à la maison et j'y suis arrivée vers 7 heures 30 du matin. A la question de savoir comment son mari l'avait traitée quand elle est rentrée chez elle, Georgette W. Mon mari ne m'a pas maltraitée. Il était juste inquiet des maladies que pouvait avoir le soldat.

Je suis allée me faire tester et je n'avais aucune maladie. Nos voisins ne sont au courant de rien. Mon mari m'a dit de ne rien dire à personne. Il a dit, "Dis juste aux gens que tu es partie pour quelque temps.

Ils ont pris tout ce que nous avions … toutes nos affaires et nos trois chèvres et ils ont encore fait ça. En mai , des hommes armés ont attaqué le village de Marie G. Ces hommes ont également pillé et brûlé de nombreuses maisons. Ayant perdu tous ses biens, elle s'est rendue à Kalonge pour se procurer de la braise à vendre afin de pouvoir s'acheter des vêtements. Une fois là-bas, elle a été enlevée, une nuit, par trois membres rwandais d'un groupe armé majoritairement hutu qui sont venus, vers 20 heures, dans la maison où elle se trouvait.

Elle a offert à ses assaillants une chèvre s'ils la laissaient tranquille mais ils ont refusé son offre en disant qu'ils avaient besoin de filles. Elle a été rejointe par deux filles qui avaient été capturées le même jour, alors qu'elles se rendaient à Kalonge pour y acheter de la braise, Chantal R.

Toutes les deux ont également été interrogées par notre équipe. Là-bas, on leur a dit de cuisiner et de préparer un lit avec de l'herbe et un sheeting. Les trois captives ont dit que les hommes s'appelaient Lukala, Nyeka et Vianney. Ils étaient habillés en civils et étaient armés de fusils et de machettes. Entre eux, ils parlaient kinyarwanda, mais ils parlaient kiswahili avec les filles.

Chaque combattant a pris l'une d'entre elles. C'est Lukala qui a exigé des relations sexuelles de Marie G. Lukala lui a dit: Elle a entendu les deux autres filles crier.

L'homme m'a dit, 'Elles ont déjà commencé à travailler, pourquoi tu me fais des problèmes? Tu ne peux rien faire contre," il l'a violée pour la première fois de ce qui allait être une longue série d'agressions. Il m'a fait beaucoup souffrir," a déclaré Marie G. Il l'a menacée de la tuer et après plusieurs heures, a commencé à la violer de nouveau. Il l'a violée cinq fois au cours de la première nuit. Après cette nuit, Vianney, le chef du groupe, a aussi voulu "l'avoir".

Après une dispute avec Lukala à ce sujet, elle a passé la seconde nuit avec Vianney. Il lui a dit qu'il allait être beaucoup plus gentil avec elle que ne l'avait été Lukala et qu'elle n'aurait à coucher avec lui qu'une fois par nuit et qu'ensuite, elle pourrait dormir. Elle lui a dit qu'il n'était pas facile, pour elle, de dormir compte tenu des circonstances. Effrayée et craignant d'être ensuite retrouvée, Marie G.

Elle a également menti, prétendant qu'elle avait deux enfants et a supplié qu'on la relâche. Vianney lui a répondu qu'il ne pourrait la relâcher que si Lukala était d'accord. Elle a fait appel au sens moral de Vianney en lui disant qu'il ne voudrait pas que des membres de sa propre famille soient ainsi traités. Ses assaillants ont laissé Marie G. Peu de temps après, début juin , ces mêmes trois assaillants ont capturé deux jeunes filles, Cécile K.

Ils les ont détenues de deux à trois semaines. Ils l'ont accusée d'être une "amie des Tutsi". Ils lui ont dit qu'ils avaient dû laisser leur famille derrière eux, au Rwanda mais qu'elle avait beaucoup de chance d'avoir encore ses parents. Quand elle s'est mise à pleurer, ils lui ont dit: Tu n'es pas plus importante que ceux que nous avons laissés au Rwanda. Les ravisseurs ont violé les filles de façon répétée et les ont fait cuisiner et accomplir d'autres travaux domestiques.

Il semble que ce groupe d'hommes ait enlevé de nombreuses femmes et filles auparavant, l'un d'entre eux prétendant qu'ils avaient eu quarante femmes. Trois semaines après la capture de Béatrice et de Cécile et une semaine après celle de Valérie J.

Selon les filles, les trois hommes affirmaient qu'ils recevaient leurs ordres d'un "commandant" mais elles pensent qu'il s'agissait là d'une ruse pour les intimider. Les trois hommes n'étaient jamais ensemble avec qui que ce soit d'autre et n'avaient ni radio, ni téléphone portable ce qui pourrait indiquer qu'ils agissaient indépendamment d'autres forces hutu dans la région.

Sur une période de plusieurs semaines, ils se sont déplacés plusieurs fois dans la forêt, peut-être parce qu'ils étaient conscients que les troupes au Congo étaient à leur poursuite. Une représentante d'une organisation de femmes a expliqué que la violence sexuelle avait récemment augmenté, en partie parce les assaillants trouvaient peu de choses à voler chez des gens déjà attaqués à plusieurs reprises et voulaient donc les punir pour ce qu'ils percevaient comme un manque de soutien.

Plusieurs bandes armées ont traversé les environs. Il y a eu beaucoup de pillages… Les gens sont laissés sans rien et dans certains cas, ils ont été déplacés. Comme il ne reste plus rien à voler, les bandes armées sont passées au viol systématique… Il y avait des viols avant cette année mais les gens n'en parlaient pas. Finalement, cela faisait tellement de viols que nous avons fini par aller à la paroisse et avec l'aide reçue là bas, on a eu le courage de parler de ce problème.

Tout a commencé à une heure du matin. On était tous en train de dormir. J'ai entendu du bruit et j'ai été la première à me réveiller. Ils étaient dix, je pouvais les voir et les compter. Ils sont entrés dans notre concession. Je voulais me cacher mais je n'ai pas pu. Ils ont dit, "Donne-nous ton argent. Je leur ai dit qu'il n'y avait personne. Mais ensuite, mon père s'est levé avec une torche. Les combattants ont vu la lumière et ont dit, "C'est qui avec la lumière?

Je ne sais pas comment mais mon père a pu s'échapper en courant très vite, entre les deux. L'un d'eux m'a dit, "On va te tuer parce que tu l'as laissé partir. Le chef a dit aux autres de tuer papa. Je pensais qu'ils allaient tous nous tuer. Ma mère ne savait pas si elle devait courir avec mon père.

Elle s'est cachée sous le lit et priait avec son rosaire. Maman a pu s'enfuir en courant lorsque d'autres soldats sont entrés dans la maison. Deux d'entre eux nous surveillaient. Il y en avait un autre dans la maison.

Ils ont tout pris et nous ont demandé quelles autres choses possédait la famille. On a dit que les seules choses qui restaient étaient les vêtements que nous portions, tout le reste était dans la maison. Ils ont laissé les chèvres et les poulets mais ont pris tout le reste. Tout particulièrement si elle est causée par une personne aimée. Ce site respecte les principes de la charte HONcode. Envoyer à un ami. Si tu as des remarques, des commentaires ou des questions, va dans Poser une question.

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